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Conte chinois pour enfants · Nouvel An

Nian, la bête du Nouvel An

年兽Nián shòu

Dès 4 ans6 min de lectureNouvel An

Chaque hiver, une énorme bête descend de la montagne et tout le village se cache… sauf un vieux voyageur au plan très rouge et très bruyant !

Nian, une grosse bête ronde aux grands yeux jaunes, recule surprise devant une porte couverte de papier rouge et de lanternes allumées

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Ferme les yeux, on te raconte l’histoire

Il était une fois…

On raconte qu'il y a très, très longtemps, au pied d'une grande montagne de Chine, se trouvait un petit village. Les maisons avaient des toits gris, les rues sentaient le riz chaud et le feu de bois, et les enfants jouaient à cache-cache entre les paniers de légumes.

Un petit village enneigé au pied d'une grande montagne, avec ses toits gris et ses enfants qui jouent

Mais chaque année, à la fin de l'hiver, quand arrivait la dernière nuit de l'année, tout le village devenait silencieux. Les parents fermaient les volets. Les grands-pères rangeaient les outils. Et les enfants chuchotaient un seul mot : « Nian… »

À la tombée de la nuit, les villageois ferment les volets pendant que deux enfants regardent par la fenêtre

Nian, c'était une bête énorme qui vivait tout en haut de la montagne. Elle avait une tête ronde comme une marmite, deux gros yeux jaunes qui roulaient dans tous les sens et une petite corne sur le front. Quand elle descendait, BOUM, BOUM, la terre tremblait. Elle renversait les paniers, bousculait les barrières, piétinait les jardins et grognait si fort que les poules en perdaient leurs plumes. Personne ne savait vraiment ce qu'elle voulait. Mais tout le monde avait peur.

Nian, une bête toute ronde aux grands yeux jaunes et à la petite corne, bondit dans la neige

Alors, cette nuit-là, comme chaque année, les villageois prenaient leurs couvertures et montaient se cacher dans la forêt, en attendant le matin.

Les villageois partent vers la forêt de pins avec leurs couvertures roulées et de petites lanternes

Cette année-là, un vieux voyageur arriva au village. Il avait une longue barbe blanche, un bâton de bois et un sac de toile sur l'épaule. Ses yeux pétillaient comme ceux d'un enfant. Tout le monde courait dans tous les sens, et personne ne fit attention à lui… sauf une grand-mère qui habitait la dernière maison, près du puits.

« Monsieur, il faut partir vite ! lui dit-elle. Nian arrive cette nuit ! Venez vous cacher avec nous. »

Le vieux voyageur sourit tranquillement. « Grand-mère, si vous me laissez dormir chez vous cette nuit, je vous promets de chasser Nian. »

La grand-mère le regarda de haut en bas. Chasser Nian ? Lui, si vieux, avec son petit bâton ? Elle n'était pas vraiment convaincue. Mais elle était gentille : elle lui laissa une bougie et un bol de soupe, puis elle partit avec les autres dans la forêt.

Dans sa maison chaude, la grand-mère en veste bleue offre un bol fumant au vieux voyageur

Le vieux voyageur, lui, ne perdit pas de temps. Il sortit de son sac de grandes feuilles de papier rouge, rouge comme les cerises, et les colla sur la porte. Il accrocha deux lanternes rouges de chaque côté et les alluma : la petite maison se mit à briller dans la nuit. Puis il ramassa des tiges de bambou bien sèches et les posa près du feu. Enfin, il s'assit bien droit, respira calmement… et attendit.

Sous les étoiles, le vieux voyageur attend calmement devant la porte rouge, près d'un petit feu

À minuit, BOUM… BOUM… BOUM… Nian descendit de la montagne. Elle traversa le village vide en reniflant partout. Soudain, elle s'arrêta net devant la maison de la grand-mère. Du rouge ! De la lumière ! Nian plissa ses gros yeux. Elle n'aimait pas ça du tout.

À minuit, Nian avance sur la pointe des pattes dans la rue vide du village, sous la lune

Elle s'approcha quand même, un pas, puis deux… Alors le vieux voyageur jeta les bambous dans le feu. CRAC ! PAN ! CRAC-CRAC-PAN ! Les bambous éclatèrent en claquant comme cent tambours à la fois. Nian fit un bond en arrière. Ses oreilles se couchèrent, sa queue se mit à trembler. Et voilà que la porte s'ouvrit : le vieux voyageur apparut, vêtu d'une longue robe rouge, en riant de bon cœur.

Le vieux voyageur jette des bambous dans le feu, qui éclatent en étincelles dorées

C'en était trop pour Nian ! Le rouge, la lumière, le bruit… et quelqu'un qui n'avait même pas peur d'elle ! Elle fit demi-tour et s'enfuit jusqu'au sommet de la montagne, si vite qu'on ne vit bientôt plus qu'un petit nuage de poussière.

Nian s'enfuit en courant vers le sommet de la montagne enneigée

Au matin, les villageois redescendirent de la forêt. Ils s'attendaient à trouver tout renversé. Mais non ! Tout était à sa place. Sur la porte de la grand-mère, le papier rouge brillait au soleil et les lanternes se balançaient doucement. Le vieux voyageur, lui, était reparti sur la route. Il ne restait que des morceaux de bambou éclatés devant la porte.

Au matin, les villageois redescendent de la forêt et découvrent la porte décorée de papier rouge

La grand-mère raconta tout. Et les villageois comprirent : Nian avait peur du rouge, de la lumière et du bruit. Finalement, la bête n'était pas si terrible… c'était elle qui avait peur !

Le vieux voyageur repart sur le chemin enneigé, son bâton à la main, au lever du soleil

Depuis ce jour-là, dit-on, à chaque Nouvel An, les familles chinoises décorent leurs portes de papier rouge, allument des lanternes et font claquer des pétards. On frappe les tambours, on fait résonner les cymbales, et plus personne ne va se cacher dans la forêt. Au contraire : on reste tous ensemble, on partage un bon repas et on se souhaite une belle année. Et Nian ? On ne l'a plus jamais revue au village.

La danse du lion du Nouvel An sur la place du village, avec les tambours et les lanternes

Petit rappel du conteur : les pétards, c'est seulement pour les grandes personnes. Toi, tu peux faire du bruit avec un tambour, une casserole ou en tapant dans tes mains. Nian déteste ça aussi !

Des enfants en veste rouge jouent joyeusement du tambour et des cymbales

La morale

Quand on reste calme et qu'on est ensemble, la peur recule.

Kung-fu

Et le kung-fu dans tout ça ?

Quand tu entends les tambours et les cymbales d'une danse du lion, pense à Nian : ce bruit joyeux vient de cette vieille histoire ! Et comme le vieux voyageur, au kung-fu, on apprend à rester calme, à bien respirer et à garder la tête froide quand quelque chose nous impressionne. Le calme, c'est déjà une force.

Des enfants en tenue noire de kung-fu, ceinture rouge, s'entraînent dans une salle en bois décorée de lanternes

Ce conte se raconte souvent au moment de la Nouvel An chinois (Fête du Printemps).

Pour les parentsD’où vient cette histoire ?

La légende de Nian est un récit populaire transmis oralement ; elle n'a été notée par écrit qu'au début du XXe siècle et l'on ignore si elle est très ancienne. Elle rejoint toutefois des croyances plus anciennes sur les créatures des montagnes (les shanxiao, déjà présents dans le Shanhai jing) que l'on chassait par le bruit des pétards. Le conte explique de façon imagée les coutumes du Nouvel An chinois : papier rouge, lanternes, pétards, tambours et cymbales de la danse du lion. Dans certaines versions, Nian dévore le bétail ou pire : nous en avons fait une bête maladroite qui renverse tout.

Pour aller plus loin : Wikipédia (fr) · Wikipédia (en) · Wikipédia (zh)